Tendències historiogràfiques II

Llegeix el text següent sobre les commemoracions. A partir dels seus arguments i de la cerca que facis sobre la conveniència o no de les commemoracions i del paper social de la historiografia, argumenta: a quins criteris hauria de respondre una política oficial de commemoracions?

Font del text: Bernard Cottret et Lauric Henneton, “La commémoration, entre mémoire prescrite et mémoire proscrite”, dins Bernard Cottret et Lauric Henneton (dir.), Du bon usage des commémorations, Presses universitaires de Rennes, 2010, pp.8-9 i 14-15

 Les sociétés européennes, et en particulier la France, sont le théâtre depuis une dizaine d’années d’une inflation des commémorations dont on chercherait en vain l’équivalent autrefois. Présidée par André Kaspi, la commission de réflexion sur la modernisation des commémorations publiques a constaté en 2008 l’existence de douze commémorations nationales, « soit deux fois plus qu’en 1999 ». Elle a à son tour recommandé un resserrement de ces journées autour de trois dates : le 14 Juillet, la Révolution française, le 11 Novembre, l’armistice de 1918, et le 8 Mai, l’écrasement du nazisme en 1945. Il ne s’agissait d’ailleurs nullement de renoncer aux autres manifestations, sans cesse croissantes, mais de ne pas leur octroyer nécessairement un qualificatif national, qui conduirait paradoxalement à banaliser ce que l’on souhaite à l’inverse célébrer.

Commémorations nationales

  • Dernier dimanche d’avril : journée nationale du souvenir de la déportation
  • 8 Mai : commémoration de la victoire de 1945
  • 10 Mai : abolition de l’esclavage
  • Deuxième dimanche de mai : fête nationale de Jeanne d’Arc
  • 8 Juin : hommage aux morts pour la France en Indochine
  • 17 Juin : hommage à Jean Moulin au Panthéon
  • 18 Juin : appel du général De Gaulle en 1940
  • 14 Juillet : fête nationale
  • Dimanche le plus près du 16 juillet : journée à la mémoire des victimes de crimes racistes et antisémites
  • 25 Septembre : hommage aux harkis
  • 11 Novembre : commémoration de l’armistice de 1918
  • 5 Décembre : hommage aux morts d’Algérie, du Maroc et de Tunisie

Cette évolution était prévisible ; à la fin du siècle dernier, Tzvetan Todorov avait parlé « d’abus de la mémoire » pour définir une ferveur compulsive, mêlant la nostalgie et l’impératif moral. Au soir de sa vie, Paul Ricoeur a réfléchi en philosophe au phénomène, en publiant en 2000 un livre touffu où il critiquait en particulier l’usage du devoir de mémoire. Il se pourrait, disait-il, que le « devoir de mémoire constitue à la fois le comble du bon usage et celui de l’abus dans l’exercice de la mémoire ». Et Ricoeur de distinguer, dans son allocution du mardi 13 juin, devant le grand amphithéâtre dela Sorbonne: « Mémoire empêchée, mémoire manipulée, mémoire obligée »

(…)

La mémoire peut être une réaction contre l’oubli, le risque d’oubli, la peur de l’oubli, une réaction suscitée par la conscience d’une disparition progressive ou au contraire accélérée des protagonistes, à l’instar de ces anciens combattants dont les effectifs de plus en plus minces ont donné au soixantième anniversaire du débarquement de Normandie, en juin 2004, une portée bien supérieure à celle du cinquantième, pourtant plus important symboliquement. De même, et bien qu’ils aient célébré leur indépendance presque pieusement, dès l’événement lui-même, les Américains l’ont davantage commémoré quand la disparition des Pères fondateurs signalait une accélération du temps, témoignant à son tour de la fragilité des hommes et des nations. Jean Delumeau voit d’ailleurs le recours aux anniversaires comme la réponse à « la civilisation de la vitesse qui nous emporte dans une course sans cesse plus rapide et paraît, comme un torrent, balayer sur son passage les repères qui semblaient les plus solides». La mémoire, pour exister, pour subsister, a besoin de repères tangibles, si possible associés à des dates. Elle utilise le caractère apparemment cyclique du temps afin de faire revivre l’événement à la date où il a eu lieu, mais en prenant un recul qui invite à la réflexion pour le présent comme pour l’avenir.

La commémoration est une manifestation de la mémoire, de la mémoire plus encore que de l’histoire. Elle peut se décliner en trois modalités historiographique, monumentale ou cérémonielle. Si le monument « joue sur la pérennité », le système commémoratif trouve son apogée dans le « mélange de rituel et de festif que produit l’instant cérémoniel ». C’est là, ajoutait Pascal Ory, que le « terme de célébration trouve tout son sens ». En tant que pratique culturelle, en tant que rituel, elle mériterait un regard anthropologique. Commémorer, « c’est d’abord mettre en scène, emprunter aux formes de la sacralisation religieuse ou héroïque les modèles d’une théâtralisation profane et d’une pédagogie vertuiste. » On peut aussi voir dans l’acte commémoratif « un transfert de sacralité du religieux sur le laïque, le civique et le profane », voire « une version laïque de la messe».

L’omniprésence des commémorations en fait un objet d’étude à part entière. Pierre Nora a parlé de « boulimie », d’« obsession » commémorative, voire d’« acharnement » commémoratif. Étienne François a évoqué, lui, la « frénésie commémorative ». On trouve des emplois de  « commémorationnite », avec ou sans guillemets, et un journaliste est allé jusqu’à ériger les commémorations en « sport national ». C’était se contenter là d’une perspective franco-française… L’inflation des commémorations et la complicité médiatique leur confère une visibilité qui, à son tour, leur donne un enjeu majeur, notamment comme vecteur identitaire tant au niveau des nations que des communautés qui revendiquent une existence propre au sein ou en marge des cadres nationaux.

Une commémoration n’existe pas par elle-même : elle n’est que ce que l’on en fait ; elle est donc la résultante d’un choix, voire d’un ensemble de choix, qui s’apparente à une stratégie d’affirmation identitaire plus ou moins consciente. Ces représentations, ces constructions fluctuent selon les contextes. Ou encore pour reprendre à Pierre Nora une autre formule heureuse : « l’histoire propose, mais le présent dispose» Leur caractère identitaire prononcé fait des commémorations des objets conflictuels. Si l’intention première est de rassembler, elles ne manquent pourtant pas de diviser. L’identité, sans cesse à définir, est « toujours disputée, voire contestée ». Les commémorations, si elles contribuent bien « à définir les identités et les légitimités politiques », n’en restent pas moins « le révélateur de tensions et de conflits». Jean Delumeau voit dans les célébrations nationales des objets pédagogiques et civiques destinés à « éduquer par la mémoire ». Cette dimension didactique rend plus sensibles encore les commémorations.

Trobareu tot el text de la introducció aquí.

Anuncis

Quant a gbarnosell

Historiador; professor d'institut, col·laborador de l'Institut de Recerca Històrica de la Universitat de Girona i de L'Avenç
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20 respostes a Tendències historiogràfiques II

  1. Sara Gisbert ha dit:

    Bones Genis,
    t’adjunto el link de l’activitat.
    Sara

  2. T’envio el comentari Genís

  3. Quim Moret ha dit:

    memòria i història

  4. Hola Genís,

    Penjo el meu darrer comentari.

    Salutacions,

    Mireia

  5. Joan Méndez ha dit:

    Et deixo el link del meu bloc.

  6. Treball penjat i entregat a la bústia.

  7. Dani Maré ha dit:

    Hola Genís, aquí et deixo el darrer treball de l’assignatura. Moltes gràcies

  8. Bona tarda,
    Et deixo el comentari sobre les commemoracions.
    Adéu!

  9. Hola Genís,

    Aquí tens el link del comentari sobre les commemoracions.

    Fins aviat.

  10. Sergi V.A. ha dit:

    Últim comentari pujat al bloc.

    bones avaluacions!

  11. Comentari de les commemoracions penjat!!

  12. Edgar Mata ha dit:

    Hola Genís, et deixo l’enllaç del darrer treball.
    Fins aviat.

    http://edgarsolsona.blogspot.com/2011/05/la-politica-oficial-de-commemoracions.html

  13. Jordi Da Cruz ha dit:

    Ja he penjat el darrer exercici. Fins aviat!

  14. Cristina Bisbal ha dit:

    Aquí deixo el link del meu últim comentari! Bon final de curs!

  15. Xavier Benzal ha dit:

    Hola Genís,
    ja he penjat l’últim comentari al meu blog.

    Salut!

  16. Marta Pruneda ha dit:

    Genís, sóc la Marta Pruneda, et deixo el link del meu últim comentari.

    http://martapruneda.wordpress.com/2011/05/28/18/

    aquesta vegada ho envio amb retard perquè vaig perdre el document, la única opció que he tingut és transcriure’l de nou a partir d’una copia de més que vaig fer perquè tenia problemes amb la impresora. De fet el dia 24 et vaig deixar la còpia impresa a la bústia, espero que no hi hagi problemes pel retard.

    Gràcies

  17. l’últim comentari penjat.

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